Kokabiel
Veilleur des constellations
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Terre Sainte(Israël)
Mont Hermon(Israël)🔄 Ligne de transformation (Phase 1 de 2)
Le quatrième des chefs
Kokabiel (de l'hébreu kôkab, « étoile », et ’el, « Dieu ») apparaît pour la première fois dans le Livre des Veilleurs, la partie la plus ancienne du Livre d'Hénoch. Il n'y est pas le chef de la révolte, bien qu'on le présente presque toujours ainsi : la liste de 1 Hénoch 6:7 le nomme en quatrième position, derrière Semyaza, Arakiel et Rameel, parmi les chefs de dizaine, dont chacun commandait dix des deux cents anges qui descendirent. Le chef était Semyaza. Kokabiel commandait dix anges.
Le texte situe la descente aux jours de Yared et sur le sommet du mont Hermon. Avant de descendre, les deux cents se lièrent les uns aux autres par des imprécations mutuelles afin de ne pas reculer, et la raison qu'en donne le livre est très concrète : Semyaza craignait qu'au moment du châtiment les autres le laissent porter seul la faute. Le serment ne fut pas un rite solennel mais une assurance entre complices, et Kokabiel est l'un de ceux qui le prêtèrent.
Ce qu'il enseigna est dit avec précision en 1 Hénoch 8:3, et il vaut la peine de le lire lentement, car on le cite presque toujours de travers. Le verset répartit les savoirs interdits entre plusieurs Veilleurs : l'astrologie revient à Baraqel, les signes de la terre à Arakiel, le cours de la lune à Sariel, la connaissance des nuages à Ezeqeel. À Kokabiel reviennent les constellations. Apprendre aux hommes à lire les figures du ciel nocturne n'est pas leur apprendre à y deviner le destin, et le texte sépare les deux choses en nommant deux anges différents.
Le prince des astres
Le Livre d'Hénoch ne décrit pas Kokabiel. Il ne dit ni sa taille, ni la couleur de ses ailes, ni l'arme qu'il porte : les Veilleurs entrent dans le texte par ce qu'ils jurent, enseignent et subissent, jamais par leur apparence. Tout portrait de lui, y compris celui qui accompagne cette fiche, relève d'une iconographie postérieure, et il vaut mieux le savoir avant de le regarder.
Ce qui existe en revanche, et qui est bien plus intéressant qu'une armure, c'est une description de sa charge. Le Troisième Livre d'Hénoch, le traité hébreu des palais célestes, parcourt un à un les princes qui gouvernent le ciel visible et, arrivé à Kokbiel, dit qu'il est établi sur tous les astres errants et qu'il a sous ses ordres trois cent soixante-cinq mille myriades d'anges serviteurs, chargés de les déplacer d'une région du firmament à une autre (3 Hénoch 17:7).
Ce n'est pas une image de guerre mais d'administration : un très haut fonctionnaire qui tient la comptabilité du ciel et dispose d'une bureaucratie inconcevable dont l'unique travail est de pousser les astres sur leurs routes. Voilà la figure que les sources soutiennent, et elle est infiniment plus étrange qu'un guerrier ailé. L'image de l'ange gigantesque en armure de lumière stellaire, portant une lance forgée dans une étoile morte, ne vient d'aucun des deux livres d'Hénoch : c'est une invention récente, et elle est datée dans la fiche de Kokabiel le Déchu.
Un nom, deux traditions
Le même nom porte deux figures incompatibles, et aucune des deux n'est une erreur de copiste. Dans la tradition apocalyptique qui commence avec le Livre des Veilleurs, Kokabiel est un rebelle : il prête le serment de l'Hermon, descend, enseigne ce qu'il ne devait pas enseigner et partage la sentence qui tombe sur les deux cents. Dans la tradition mystique hébraïque postérieure, celle du Troisième Livre d'Hénoch, le même Kokbiel demeure à son poste, saint, gouvernant les astres avec ses myriades de serviteurs. Aucune scène de chute ne s'y trouve : il n'est tout simplement jamais tombé. Les deux textes ne s'harmonisent pas, et aucune tentative ancienne de les concilier ne nous est parvenue.
Bestiarypedia sépare les deux moitiés de la figure apocalyptique en deux fiches distinctes. Celle-ci raconte le Veilleur tant qu'il l'est encore : le prince des astres, le quatrième des chefs, celui qui jure au sommet. Ce qui advint ensuite (la condamnation, les chaînes de Michel et le terme de soixante-dix générations) est raconté dans la fiche de Kokabiel le Déchu.
Il reste une raison historique pour que ce nom ne vive que dans les apocryphes et la littérature ésotérique. En l'an 745, un concile réuni à Rome sous le pape Zacharie condamna l'invocation des anges par des noms étrangers à l'Écriture et restreignit la vénération aux trois que la Bible nomme : Michel, Gabriel et Raphaël. Dès lors, les princes célestes portant un nom propre sortirent du culte chrétien. Kokabiel est de ceux-là, et c'est pourquoi on suit sa trace dans des manuscrits recopiés et non dans la liturgie.
Aussi connu comme
Reliques
Symbolique
Element
Stellaire
Nombre
200
Couleur
Noir
Animaux
Corbeau, Scorpion
Sigils:
Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
Relations avec d'autres etres
Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
Mythologies
Traditions ésotériques et kabbalistiques au sein du judaïsme, englobant le mysticisme Merkavah de l'ère talmudique, la Kabbale zoharique du XIIIe siècle, la Kabbale louriane du XVIe siècle, le mouvement hassidique du XVIIIe siècle et diverses pratiques méditatives, contemplatives et visionnaires visant à ascensionner à travers les mondes spirituels, invoquer les noms divins et atteindre l'union mystique avec le divin tout en dévoilant les secrets de l'univers créateur.
Sources
3 Hénoch (Livre hébreu d'Hénoch)
Anonyme · v. 500 apr. J.-C.
Le Livre hébreu d'Hénoch (3 Hénoch ou Sefer Hekhalot) est un texte mystique juif médiéval (Ve-VIe s. ap. J.-C.), attribué à Hénoch transformé en Métatron. Il décrit les hiérarchies angéliques, princes déchus comme Tamiel et visions des palais célestes (Hekhalot).
Livre d'Énoch
Anonyme · 300 av. J.-C.
Texte apocryphe juif décrivant la chute des veilleurs et leurs enseignements interdits.
Actes du Concile de Rome (745 après J.-C.)
Pape Zacharie · 745
Actes du concile romain de 745, convoqué par le pape Zacharie. Parmi d'autres décisions, il condamna la vénération de certains anges aux noms non canoniques — comme Uriel ou Raguel — et constitue un document clé sur l'angélologie chrétienne primitive et ses limites.
Questions fréquentes
Quelle est la place de Kokabiel parmi les Veilleurs du Livre d'Hénoch ?
Il est le quatrième de la liste des chefs de dizaine en 1 Hénoch 6:7, derrière Semyaza, Arakiel et Rameel. Il n'était pas le chef des deux cents, comme on le dit souvent : il en commandait dix. Le chef était Semyaza.
Qu'a exactement enseigné Kokabiel aux hommes ?
Les constellations, selon 1 Hénoch 8:3. Ce même verset attribue l'astrologie à Baraqel, les signes de la terre à Arakiel et le cours de la lune à Sariel ; prendre Kokabiel pour le maître de l'astrologie est l'erreur la plus fréquente à son sujet.
Kokabiel est-il un ange déchu ou un ange saint ?
Cela dépend de la source, et les deux sont anciennes. Dans 1 Hénoch, c'est un Veilleur rebelle. Dans 3 Hénoch 17:7, c'est un prince saint établi sur les astres errants, avec trois cent soixante-cinq mille myriades d'anges sous ses ordres. Les deux textes ne s'harmonisent pas.
Pourquoi son nom n'apparaît-il pas dans la liturgie chrétienne ?
Parce qu'en l'an 745 un concile romain réuni sous le pape Zacharie condamna l'invocation des anges par des noms étrangers à l'Écriture et restreignit la vénération à Michel, Gabriel et Raphaël. Les autres noms angéliques sortirent du culte et survécurent dans des manuscrits apocryphes.
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