Azazel
Azazel, le Veilleur qui jura sur le mont Hermon
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Terre Sainte(Israël)🔄 Ligne de transformation (Phase 1 de 2)
Qui étaient les Veilleurs
« Veilleur » traduit l'araméen ʿir, « celui qui est éveillé » : dans le Livre de Daniel, un ʿir saint descend du ciel pour annoncer la sentence sur Nabuchodonosor, et c'est de là que tire son nom toute une classe d'anges qui ne dorment pas parce que leur office est de regarder. Le Livre des Jubilés ajoute la donnée qui change tout : les Veilleurs ne sont pas descendus sur terre pour se révolter, mais envoyés pour instruire les fils des hommes dans la justice et la droiture. Azazel fut l'un d'eux.
Le Premier Livre d'Hénoch les compte : deux cents, aux jours de Yared, descendirent au sommet du mont Hermon. Semyaza était leur chef, et c'est lui qui craignit que la faute ne retombât sur sa seule tête ; aussi les fit-il tous se lier par un serment mutuel. Le texte joue avec le nom de la montagne, car l'hébreu herem signifie anathème, vœu qui oblige : elle s'appelle Hermon, dit-il, parce que là ils jurèrent et se lièrent par des malédictions. Des deux cents, vingt étaient chefs de dizaine, et Azazel figure le dixième sur cette liste.
Voilà sa place exacte dans la hiérarchie : un capitaine, non le général. La confusion postérieure a une cause précise, et elle est dans Hénoch même : au jugement, la voix divine ordonne que toute la terre a été corrompue par les œuvres qu'enseigna Azazel, et que tout péché lui soit imputé. Qu'on lui ait attribué le délit entier finit par en faire, des siècles plus tard, le chef d'une conjuration qu'il n'a jamais dirigée.
Forme, et l'absence d'images
D'Azazel avant la chute il ne subsiste pas une seule image, et l'absence dit quelque chose : l'iconographie qui circule, cornes de bouc, ailes de chauve-souris, chaînes brisées, a été fabriquée tout entière après la sentence et décrit le condamné, non le Veilleur. Il n'existe ni illustrations kabbalistiques médiévales de cet ange, ni cycles renaissants qui lui soient consacrés.
Ce que les sources décrivent, en revanche, c'est la classe entière. Le Second Livre d'Hénoch place les Grigori au cinquième ciel et les peint avec une sobriété déconcertante : ils avaient l'apparence d'hommes, mais leur taille dépassait celle des grands géants, leurs visages étaient flétris et le silence de leurs bouches était perpétuel. Ni feu ni monstruosité : de la stature et du mutisme.
Le reste se déduit de ce qu'ils firent. Pour prendre femmes et engendrer des fils, il leur fallut une forme assez humaine, et Hénoch en fait précisément le scandale de l'affaire : ils étaient des esprits, vivants de la vie éternelle, et c'est pourquoi ne leur avaient été donnés ni nourriture ni descendance. Les femmes étaient pour les hommes, qui meurent, et non pour ceux qui ne meurent pas. Ce qui se brisa sur l'Hermon ne fut pas une règle de conduite, mais la frontière entre deux natures.
Le nom avant le démon
Le nom paraît quatre fois dans un seul chapitre de la Bible hébraïque, le seizième du Lévitique, et nulle part ailleurs : des deux boucs du Jour des Expiations, l'un est pour le Seigneur et l'autre pour Azazel. Ce que signifie ce mot se discute depuis l'Antiquité, et les quatre lectures restent vivantes. Ce peut être un lieu, de azaz, escarpé, c'est-à-dire la falaise du haut de laquelle on précipite l'animal. Ce peut être un abstrait, enlèvement complet. Ce peut être une contraction de ez azal, le bouc qui s'en va : c'est la lecture suivie par la Vulgate avec son caper emissarius, et dont sortit en 1530 le scapegoat que Tyndale forgea pour l'anglais. Et ce peut être tout simplement un nom propre, celui de quelqu'un qui se tient au désert et reçoit ce qu'on lui envoie.
Le Livre d'Hénoch a choisi la quatrième lecture et lui a donné une biographie. Dès lors, le destinataire du rite et le Veilleur de l'Hermon sont une seule figure, bien que le Lévitique ne dise pas un mot des anges ni des Nephilim.
Il convient d'écarter deux attributions fréquentes et fausses. Azazel ne figure pas parmi les soixante-douze esprits de l'Ars Goetia : il ne fut jamais duc goétique. Et les anges déchus du Coran, Harut et Marut, qui enseignèrent la magie à Babylone, forment un autre couple et une autre histoire. Ce que la tradition islamique retient est plus pertinent : plusieurs commentateurs donnent Azazil comme le nom que portait Iblis tant qu'il était ange, avant son refus de se prosterner devant Adam. Là aussi le nom appartient à celui qui n'est pas encore tombé.
Aussi connu comme
Symbolique
Element
Feu
Nombre
7
Couleur
Noir
Animaux
Chèvre
Sigils:
Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
Relations avec d'autres etres
Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
Mythologies
Traditions ésotériques et kabbalistiques au sein du judaïsme, englobant le mysticisme Merkavah de l'ère talmudique, la Kabbale zoharique du XIIIe siècle, la Kabbale louriane du XVIe siècle, le mouvement hassidique du XVIIIe siècle et diverses pratiques méditatives, contemplatives et visionnaires visant à ascensionner à travers les mondes spirituels, invoquer les noms divins et atteindre l'union mystique avec le divin tout en dévoilant les secrets de l'univers créateur.
Sources
Livre d'Énoch
Anonyme · 300 av. J.-C.
Texte apocryphe juif décrivant la chute des veilleurs et leurs enseignements interdits.
Livre des Jubilés
Attribué à Moïse · IIe s. av. J.-C.
Le Livre des Jubilés, texte pseudépigraphe juif (IIe siècle av. J.-C.), réécrit Genèse et Exode, mentionnant les Veilleurs et leurs chefs incluant des références à Azazel comme corrupteur enseignant l'idolâtrie et la fornication, renforçant son rôle dans la tradition énochienne et justifiant le Déluge comme châtiment.
Livre de Daniel
Attribué à Daniel · v. 165 av. J.-C.
Livre biblique apocalyptique (vers le IIe siècle av. J.-C.) qui mêle des récits à la cour de Babylone à des visions prophétiques. Il introduit des archanges comme Michel et Gabriel et des bêtes symboliques, et est une source clé de l'angélologie et de l'imaginaire apocalyptique judéo-chrétien.
Lévitique 16
Moïse (attribué) · VIe s. av. J.-C.
Chapitre 16 du Lévitique dans la Torah décrit le rituel de Kippour, où on tire au sort entre deux boucs: l'un sacrifié à YHWH, l'autre envoyé au désert 'pour Azazel', chargé symboliquement des péchés d'Israël, interprété dans les traditions comme une offrande au démon ou ange Azazel, reliant rites bibliques et mythes apocryphes.
Versets coraniques sur Adam
Prophète Mahomet (révélé) · 610-632 ap. J.-C.
Sourates comme Al-Baqara 2:30-39 et Al-Hijr 15:26-29 décrivent la création d'Adam d'argile, enseignement des noms et prosternation des anges, base du récit coranique.
Second Livre d'Hénoch (Livre des Secrets d'Hénoch)
Anonyme · Ier s. apr. J.-C.
Apocalypse juive conservée en vieux slave. Elle place les grigori au cinquième ciel et les décrit avec l'apparence d'hommes, plus grands que les grands géants, aux visages flétris et aux bouches en silence perpétuel.
Questions fréquentes
Qu'est-ce au juste qu'un Veilleur ?
Une classe d'anges dont le nom vient de l'araméen ʿir, « celui qui est éveillé » : ils ne dorment pas parce que leur office est de regarder. Dans le Livre de Daniel, l'un d'eux descend annoncer une sentence. Le Livre des Jubilés précise pourquoi les Veilleurs étaient venus sur terre : instruire les hommes dans la justice. La révolte est ce qu'ils firent ensuite, non ce pour quoi ils furent envoyés.
Azazel dirigeait-il les Grigori ?
Non. Le Premier Livre d'Hénoch nomme Semyaza chef des deux cents, et Azazel dixième des vingt chefs de dizaine. L'attribution a pourtant une origine textuelle nette : Hénoch lui-même ordonne d'imputer à Azazel tout le péché de la terre pour ce qu'il a enseigné. Porter la faute de tous a fini par ressembler à les commander.
Pourquoi le mont Hermon et non un autre lieu ?
Parce que le nom de la montagne porte la scène. L'hébreu herem désigne l'anathème, le vœu qui lie celui qui le prononce, et le Livre d'Hénoch en tire parti : les deux cents s'appelèrent les uns les autres à jurer là et à se lier par des malédictions, et c'est pourquoi le lieu s'appelle Hermon. Semyaza réclama ce serment parce qu'il craignait de rester seul avec la faute du projet.
Est-ce le même Azazel que celui du bouc émissaire ?
Seulement si l'on accepte l'une des quatre lectures possibles du verset. Le Lévitique emploie le mot quatre fois et n'explique rien ; il peut désigner une falaise, un enlèvement, le bouc qui s'en va ou le nom de quelqu'un qui attend au désert. Le Livre d'Hénoch a retenu la dernière et lui a donné une histoire. C'est ce choix, et non le Lévitique, qui a uni le Veilleur au rite.
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