Kokabiel le Déchu
Le Veilleur enchaîné
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Terre Sainte(Israël)
Mont Hermon(Israël)🔄 Ligne de transformation (Phase 2 de 2)
Ce qu'on lui impute
Kokabiel le Déchu est la seconde moitié d'une même figure : le Veilleur après le serment. Le Livre d'Hénoch raconte que les deux cents descendirent aux jours de Yared, prirent des femmes parmi les filles des hommes et engendrèrent les géants, et que la terre finit par crier sous la violence de cette descendance. Kokabiel n'a rien dirigé de tout cela (le chef était Semyaza) mais il figurait dès le début parmi les vingt qui commandaient des dizaines, et la sentence ne distingue pas celui qui commande de celui qui suit.
Il convient de séparer ce que le texte lui impute de ce que la tradition postérieure lui a ajouté. Les armes, les cuirasses et l'art de fondre les métaux sont d'Azazel, en 1 Hénoch 8:1. L'astrologie est de Baraqel. Le cours de la lune, de Sariel. Les signes de la terre, d'Arakiel. À Kokabiel revient un seul enseignement, les constellations, et toute la faute que le livre lui attribue y tient : avoir mis entre des mains humaines la lecture du ciel.
Ce n'est pas peu de chose dans la logique du texte. Le délit des Veilleurs n'est pas la cruauté mais la révélation. Ils ont appris aux hommes ce qu'il ne leur revenait pas encore de savoir, et dans le Livre d'Hénoch le monde est gâté par le savoir avant de l'être par les géants. Kokabiel a livré la part du ciel qui se lit à l'œil nu, et c'est de cela qu'il répond.
Les chaînes, et l'erreur de Doudaël
Le châtiment de Kokabiel est écrit en 1 Hénoch 10, et ce n'est pas celui qu'on raconte d'ordinaire. L'abîme de Doudaël, ouvert dans le désert et couvert de rochers, est la prison d'Azazel, et celui qui l'y enferme est Raphaël (1 Hénoch 10:4). Confondre les deux châtiments est l'erreur la plus répandue au sujet de cet être, et elle entraîne avec elle le mauvais archange.
À Kokabiel revient l'autre. En 1 Hénoch 10:11-12 l'ordre est adressé à Michel : lier Semyaza et ses associés, c'est-à-dire les autres chefs de dizaine, et les retenir dans les vallées de la terre pour soixante-dix générations, jusqu'au jour du jugement. Le lien n'est pas un tourment mais un terme. Il le garde entier et dans l'attente, et ce n'est qu'à son échéance qu'il sera mené au feu. C'est une condamnation administrative, racontée avec la sécheresse d'une sentence, et elle en est plus inquiétante que n'importe quelle torture.
De là viennent les chaînes, seul élément de son iconographie appuyé par le texte. Ni le Livre d'Hénoch ni la tradition hébraïque postérieure ne lui donnent dix ailes, quatre visages ni une lance forgée dans un météore. Les quatre visages (d'homme, de lion, de taureau et d'aigle) appartiennent aux vivants de la vision d'Ézéchiel et n'ont aucun rapport avec les Veilleurs. D'où vient le reste s'explique dans la section suivante. Ce que donnent les sources, c'est un ange lié, dans une vallée, et un terme qui n'a pas encore expiré.
Après Hénoch
Le sort de Kokabiel hors du Livre d'Hénoch est celui de presque tous les Veilleurs : il a survécu par la copie, non par le culte. Le concile romain de 745 laissa son nom hors de la vénération chrétienne, et les grandes démonologies européennes ne l'ont pas recueilli. Il ne figure pas parmi les soixante-douze esprits de la Goétie, ni n'a d'entrée dans le Dictionnaire infernal de Collin de Plancy, bien que ces deux ouvrages soient souvent cités à son sujet : qui l'y cherchera ne l'y trouvera pas. Il ne fut jamais non plus duc, comte ni marquis infernal ; ces titres appartiennent à une autre littérature et à d'autres noms.
Son retour est récent et peut se dater. Depuis la fin du XXe siècle, la fiction fantastique japonaise en a fait un personnage de premier plan : un général ailé des anges déchus, décidé à rouvrir une guerre céleste que les siens tenaient pour close, pourvu de cinq paires d'ailes noires et armé d'une lance de lumière. Cette version est aujourd'hui, de loin, la plus répandue, et c'est d'elle que viennent presque tous les traits qu'on lui prête sur internet, y compris ceux que cette fiche même a traînés pendant des années.
C'est une création d'auteur, non une tradition, et la distinction compte. On ne le dit pas ici pour la discréditer : c'est une figure vigoureuse, et elle a fait pour la mémoire de ce nom plus que mille ans de manuscrits. Mais il vaut mieux savoir de quand elle date. Dans 1 Hénoch, Kokabiel ne commande pas d'armées, ne combat pas et ne parle pas. Il a enseigné les constellations, prêté un serment, et il est lié dans une vallée à attendre le jugement. Tout le reste n'a pas un demi-siècle.
Aussi connu comme
Reliques
Symbolique
Element
Stellaire
Nombre
200
Couleur
Noir
Animaux
Corbeau
Sigils:
Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
Relations avec d'autres etres
Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
Mythologies
Traditions ésotériques et kabbalistiques au sein du judaïsme, englobant le mysticisme Merkavah de l'ère talmudique, la Kabbale zoharique du XIIIe siècle, la Kabbale louriane du XVIe siècle, le mouvement hassidique du XVIIIe siècle et diverses pratiques méditatives, contemplatives et visionnaires visant à ascensionner à travers les mondes spirituels, invoquer les noms divins et atteindre l'union mystique avec le divin tout en dévoilant les secrets de l'univers créateur.
Sources
3 Hénoch (Livre hébreu d'Hénoch)
Anonyme · v. 500 apr. J.-C.
Le Livre hébreu d'Hénoch (3 Hénoch ou Sefer Hekhalot) est un texte mystique juif médiéval (Ve-VIe s. ap. J.-C.), attribué à Hénoch transformé en Métatron. Il décrit les hiérarchies angéliques, princes déchus comme Tamiel et visions des palais célestes (Hekhalot).
Livre d'Énoch
Anonyme · 300 av. J.-C.
Texte apocryphe juif décrivant la chute des veilleurs et leurs enseignements interdits.
Actes du Concile de Rome (745 après J.-C.)
Pape Zacharie · 745
Actes du concile romain de 745, convoqué par le pape Zacharie. Parmi d'autres décisions, il condamna la vénération de certains anges aux noms non canoniques — comme Uriel ou Raguel — et constitue un document clé sur l'angélologie chrétienne primitive et ses limites.
Questions fréquentes
Qui a enchaîné Kokabiel, et où ?
Michel, selon 1 Hénoch 10:11-12, dans les vallées de la terre et pour soixante-dix générations, jusqu'au jour du jugement. Doudaël, l'abîme du désert, est la prison d'Azazel et c'est Raphaël qui l'y enferme : on confond constamment les deux châtiments.
Qu'a enseigné Kokabiel et que lui attribue-t-on à tort ?
Les constellations, en 1 Hénoch 8:3. Rien d'autre n'est de lui : les armes et la métallurgie sont d'Azazel, l'astrologie de Baraqel, le cours de la lune de Sariel et les signes de la terre d'Arakiel.
Kokabiel figure-t-il dans la Goétie ou dans le Dictionnaire infernal ?
Non. Il ne figure pas parmi les soixante-douze esprits de la Goétie et n'a pas d'entrée dans l'ouvrage de Collin de Plancy, bien que les deux soient souvent cités à son sujet. Il ne fut jamais non plus duc ni marquis infernal : ces titres appartiennent à une autre littérature.
D'où vient l'image de Kokabiel en général de guerre ailé ?
De la fiction fantastique japonaise de la fin du XXe siècle, non des sources anciennes. Dans 1 Hénoch il ne commande pas d'armées, ne combat pas et ne parle pas : il a enseigné les constellations et reste lié dans une vallée jusqu'au jour du jugement.
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