Sōjōbō
Roi des tengu du mont Kurama
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Japon(Japon)
Mont Kurama(Japon)Origines de Sōjōbō
Sōjōbō est le plus célèbre des daitengu, les « grands tengu » qui se tiennent au sommet de la hiérarchie de ces êtres. Il convient d'entendre cette hiérarchie comme l'entendait la tradition : non une échelle que l'on gravit, mais un sort que l'on reçoit. La littérature bouddhique médiévale soutient que celui qui meurt rongé par l'orgueil tombe dans le tengudō, la voie des tengu, et que là le sage devient daitengu et l'ignorant kotengu, le petit tengu. La condition se décide au moment de mourir, selon ce que l'on fut de son vivant, et non par une ascension ultérieure. Le terme lui-même est venu de Chine, où tiāngǒu nommait un « chien céleste » de mauvais augure, et sa première apparition japonaise se trouve au livre XXIII du Nihon Shoki (720), où un moine explique que l'objet qui traverse le ciel avec fracas en l'an 637 n'est pas une étoile filante mais un tengu. La tradition de l'époque d'Edo a inséré Sōjōbō dans un ensemble de rois tengu qui régissent les montagnes du pays (Tarōbō du mont Atago, Jirōbō du mont Hira et d'autres), et de tous le seigneur du mont Kurama, au nord de Kyoto, est le plus fameux.
Apparence et pouvoirs
Sōjōbō est représenté avec une figure humanoïde et un visage rougeaud, le long nez proéminent qui distingue les daitengu du bec des karasu-tengu, les cheveux et la barbe blancs d'un vieillard, l'habit d'un moine de montagne, le petit bonnet tokin que les yamabushi nouent sur leur front et de hautes geta de bois. Il manie un long sabre et porte le ha-uchiwa, l'éventail de plumes avec lequel, dit la légende, il lève les bourrasques. On lui attribue une maîtrise du sabre qu'aucun homme n'atteint, le pouvoir de voler, la maîtrise du vent et des tempêtes, la faculté de lire la vertu ou l'hypocrisie de celui qui se tient devant lui, et le commandement sur les tengu moindres de sa montagne, qui lui servent de messagers et d'éclaireurs. L'estampe l'a fixé ainsi, et de là vient l'image que l'on reconnaît aujourd'hui : non celle d'un monstre, mais celle d'un vieux maître redoutable.
Tradition et légende
La légende qui l'a rendu fameux le lie à Minamoto no Yoshitsune. Le futur héros, encore enfant et encore appelé Ushiwakamaru, fut confié aux moines du temple Kurama-dera après la mort de son père ; le récit veut qu'il s'échappât la nuit vers le vallon de Sōjōgatani, et que là le roi des tengu de la montagne lui enseignât l'escrime qui le rendrait plus tard invincible. Il convient de dater l'histoire : le Yoshitsune historique a vécu au XIIe siècle, mais l'épisode de l'apprentissage auprès des tengu est une élaboration médiévale postérieure, qui a pris forme dans la pièce de nō « Kurama Tengu » et que les graveurs de l'époque d'Edo et du XIXe siècle, Yoshitoshi parmi eux, ont transformée en scène célèbre. De là vient presque tout ce que l'on voit aujourd'hui du personnage. Sōjōbō n'accepte pas n'importe qui : il choisit des disciples exceptionnels, humilie les guerriers arrogants, et il est lié au shugendō, la voie ascétique des yamabushi qui mêle culte shintō, bouddhisme ésotérique et éléments taoïstes. Son siège demeure le mont Kurama, où le vallon qui porte son nom se montre encore aux marcheurs.
Reliques
Symbolique
Element
Vent yang royal
Nombre
17
Couleur
Rouge intense
Animaux
Corbeau géant, Balbuzard pêcheur, Tigre japonais mythique
Sigils:
Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
Relations avec d'autres etres
Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
Mythologies
Le folklore japonais englobe traditions orales, mythes, légendes et créatures surnaturelles comme yōkai et kami, compilés dans des textes illustrés de l'époque Edo par Toriyama Sekien dans des œuvres comme Gazu Hyakki Yagyō et Konjaku Hyakki Shūi, reflétant les croyances animistes shintoïstes, les peurs écologiques face aux inondations et sécheresses, et le respect de la nature dans les rivières, lacs et rizières des régions comme Shiga, Osaka et Kyoto.
Sources
Nihon Shoki
Prince Toneri · 720
Chronique officielle japonaise de 720 apr. J.-C. complétant le Kojiki avec variantes mythiques.
Konjaku Monogatarishū
Compilateur anonyme · XIIe siècle
Vaste recueil japonais de plus de mille récits (setsuwa) de la fin de l'époque de Heian (vers le XIIe siècle). Il rassemble des histoires bouddhiques, profanes et surnaturelles d'Inde, de Chine et du Japon, et constitue une source essentielle de yōkai, oni et esprits du folklore japonais.
Gazu Hyakki Yagyō
Toriyama Sekien · 1776
Bestiaire illustré de Toriyama Sekien, au sein de son influente série de catalogues de yokai (1776-1784) qui a défini l'image classique des créatures du folklore japonais.
Gikeiki (Chronique de Yoshitsune)
Auteur inconnu · XVe siècle
Chronique romancée de la vie de Minamoto no Yoshitsune, composée par un auteur inconnu vers le XVe siècle. C'est l'œuvre qui fixe le récit de son enfance sous le nom d'Ushiwakamaru au temple Kurama-dera et de son apprentissage nocturne auprès des tengu de la montagne, dont vécurent ensuite le théâtre nō et l'estampe.
Questions fréquentes
Devient-on daitengu par ascension, ou l'est-on d'emblée ?
Ni l'un ni l'autre, et on le raconte souvent de travers. La tradition bouddhique dit que l'homme qui meurt dévoré par l'orgueil tombe dans le tengudō, et qu'il y est réparti selon ce qu'il fut : le sage devient daitengu et l'ignorant kotengu. La condition ne s'hérite pas et ne se gagne pas par des siècles d'exercice, elle se décide à l'instant de mourir. L'idée d'un tengu qui commence en bête à bec et s'élève jusqu'au long nez est un rangement moderne, commode pour classer, que les sources japonaises ne soutiennent pas : karasu-tengu et konoha-tengu sont deux façons de nommer et de dessiner le tengu moindre, non deux échelons d'une échelle.
Quels pouvoirs la tradition attribue-t-elle à Sōjōbō ?
Quatre, et tous tiennent dans sa figure de maître. Le premier est le sabre : on lui attribue une maîtrise du kenjutsu qu'aucun homme n'atteint, d'où la légende qui en fait un instructeur. Le deuxième est le vol, commun à tous les tengu. Le troisième est le vent : avec le ha-uchiwa, l'éventail de plumes qu'il tient à la main, il lève les bourrasques, et c'est pourquoi on lui attribue les orages de montagne. Le quatrième est le discernement, chez lui le plus redoutable : il distingue d'un regard l'homme vertueux de l'hypocrite, et sur cette lecture décide qui il enseigne et qui il humilie. S'y ajoute le commandement sur les tengu moindres de sa montagne, qui lui servent de messagers.
Quelle relation Sōjōbō entretient-il avec Minamoto no Yoshitsune?
Sōjōbō entraîne sur le mont Kurama le jeune Yoshitsune, son disciple humain le plus extraordinaire, et lui remet son éventail ha-uchiwa. De cet apprentissage surnaturel provient, selon la tradition, l'habileté militaire du héros de la période Heian.
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