Astarté
Astarté, grande déesse du Levant ancien
Édité parBestiarypediaCréé leMis à jour le


+2Levant(Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Palestine)Arbre généalogique
Identité, Domaines et Origines d'Astarté
Astarté (en sémitique nord-occidental ʿAshtart, et dans les sources bibliques Ashtoreth) est la grande déesse de l'ancien Levant, attestée dans les textes d'Ougarit dès le XIVe siècle av. J.-C. Déesse de l'amour, de la sexualité, de la fertilité, de la guerre et du pouvoir souverain, elle fut en outre associée aux astres et, en particulier, à la planète Vénus, l'étoile du soir. Dans le panthéon cananéen elle apparaît liée à El et est souvent présentée comme épouse de Baal Hadad, le dieu de l'orage. Son nom et ses fonctions rejoignent la mésopotamienne Inanna-Ishtar, dont elle constitue la variante sémitique occidentale. Astarté incarne une double nature (celle de l'amour qui engendre la vie et celle de la fureur guerrière qui la moissonne), trait qu'elle partage avec d'autres grandes déesses de l'ancien Proche-Orient.
Culte, Rites et Iconographie d'Astarté
Le culte d'Astarté rayonna depuis la Phénicie vers ses grandes cités (Tyr, Sidon et Byblos) et ses colonies méditerranéennes, avec Carthage en tête ; elle fut aussi accueillie dans l'Égypte ramesside. Philon de Byblos, transmis par Eusèbe, l'appelle « la plus grande déesse » et rapporte qu'elle plaça sur sa tête une tête de taureau comme emblème de royauté et qu'elle consacra à Tyr une étoile tombée du ciel. De là son iconographie caractéristique : la nudité associée à la fécondité, les cornes, le lion qui symbolise la force guerrière, la colombe de l'amour sacré et l'étoile astrale. Ses sanctuaires accueillaient des offrandes, de la musique et des danses ; des auteurs classiques postérieurs lui attribuèrent en outre des rites de prostitution sacrée, aujourd'hui contestés par la critique moderne.
Syncrétismes, Bible et Survivance d'Astarté
Pour les Grecs, Astarté fut identifiée à Aphrodite (les Phéniciens « disent qu'Astarté est Aphrodite », selon Philon), et de là à la Vénus romaine ; Lucien de Samosate, dans « De la déesse syrienne », la relia aussi à la Lune. La Bible hébraïque la condamne sous le nom d'Ashtoreth, « abomination des Sidoniens », reprochant à Salomon son culte et célébrant sa destruction lors de la réforme de Josias (1 Rois 11 et 2 Rois 23) ; la vocalisation massorétique semble déformer son nom avec les voyelles de « boshet » (honte). Il convient de distinguer la déesse de sa démonisation tardive en Astaroth, le démon masculin des grimoires médiévaux et de la Renaissance : ils sont de même racine, mais Astarté est la divinité historique de l'amour et de la guerre, non cette figure infernale.
Aussi connu comme
Reliques
Symbolique
Element
Lune et Amour
Nombre
7
Couleur
Rouge
Animaux
Colombe et Lion
Sigils:
Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
Relations avec d'autres etres
Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
Mythologies
La mythologie cananéenne s’est développée chez les peuples sémitiques qui habitaient la région de Canaan, située au Levant méditerranéen, de la fin du troisième millénaire av. J.-C. jusqu’à la première moitié du premier millénaire av. J.-C. Les principales sources pour la connaître proviennent des textes découverts à Ougarit, ainsi que de références dans des documents égyptiens, hittites et hébreux. Cette tradition faisait partie d’un ensemble plus large de religions du Proche-Orient ancien et partageait des éléments avec les mythologies mésopotamienne et égyptienne, tout en conservant des traits propres liés à l’environnement côtier et agricole de la région. Dans le panthéon cananéen, les divinités liées à la fertilité, à la tempête et à la mer occupaient une place importante. Baal, dieu de la pluie et de la végétation, jouait un rôle central dans les mythes de combat contre les forces du chaos, tandis qu’Asherah, associée à la maternité et aux arbres sacrés, figurait comme l’épouse du dieu suprême El. D’autres figures notables incluaient Astarté, Dagan et Mot, qui incarnaient respectivement des aspects de la guerre, du grain et de la mort. Le culte se pratiquait dans des sanctuaires locaux et des temples, avec des rituels visant à assurer la prospérité agricole et la protection des cités-États. L’influence de la mythologie cananéenne se perçoit dans les traditions ultérieures du Levant, notamment dans la religion de l’ancien Israël, où certains éléments ont été réinterprétés ou rejetés. Des vestiges épigraphiques et archéologiques découverts en Phénicie et en Palestine attestent la continuité de certains cultes jusqu’à l’époque hellénistique, moment où s’est produite une fusion progressive avec des divinités grecques et romaines.
Sources
Textes d'Ougarit
Divers (scribes d’Ougarit) · c. 1300 av. J.-C.
Corpus d'inscriptions et tablettes documentant la mythologie, les rituels et la théologie du panthéon cananéen à Ougarit.
Sur la déesse syrienne
Lucien de Samosate · v. 160
Traité attribué à Lucien de Samosate (IIe s.) sur le culte de la déesse syrienne à Hiérapolis, source sur Atargatis et Astarté.
Histoire phénicienne
Filón de Biblos (trad. E. H. Gifford, en Eusebio, PE I) · Ier-IIe s. apr. J.-C.
Œuvre de Philon de Byblos (Ier-IIe s.), conservée par Eusèbe dans la Préparation évangélique, source sur la mythologie et les dieux phéniciens.
Questions fréquentes
À quel astre Astarté est-elle associée ?
À Vénus, l'étoile du soir, comme la mésopotamienne Inanna-Ishtar dont elle est la variante sémitique occidentale. L'association à la Lune est tardive et secondaire : elle vient d'identifications gréco-romaines comme celle de Lucien de Samosate dans « De Dea Syria », non du culte levantin ancien.
Quels sont ses emblèmes caractéristiques ?
Le lion, qui exprime la fureur guerrière ; la colombe, l'amour sacré ; les cornes de taureau, que Philon de Byblos dit qu'elle plaça sur sa tête comme emblème de royauté ; et l'étoile, par son lien avec Vénus. Philon rapporte en outre qu'elle consacra à Tyr une étoile tombée du ciel, et la nudité de ses figurines se lit comme signe de fécondité.
Astarté est-elle la même chose que le démon Astaroth ?
Non. Astarté est la divinité historique du Levant ; Astaroth est ce que la démonologie chrétienne du seizième siècle a fait de son nom. La Bible la condamne sous le nom d'Ashtoreth, déformant la vocalisation avec les voyelles de « bosheth », honte ; de ce pluriel hébreu est sorti plus tard un duc mâle de l'enfer. Même racine, figures distinctes, et mille cinq cents ans entre les deux.
🔖Citer cet article▾
Si vous citez cet article dans une publication académique, journalistique ou éditoriale, utilisez l'un de ces formats :
Bestiarypedia. (2026, August 20). Astarté. Bestiarypedia. https://bestiarypedia.com/fr/beings/astarte
Citation libre avec attribution et lien canonique pour un usage éditorial, académique ou journalistique. La réutilisation commerciale intégrale ou la création de produits dérivés nécessite un accord préalable.
Êtres similaires

Baal-Hadad
Dieu cananéen de la tempête et de la pluie

Milcom
Milcom, dieu national des Ammonites

Dagon
Dagon, dieu cananéen de la mer, de la fertilité et de l'agriculture

Asherah
Parèdre d'El et matriarche du panthéon cananéen
