Oiwa
Oiwa, esprit vengeur japonais du folklore de Yotsuya Kaidan
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Japon(Japon)Origine de Oiwa dans le Yotsuya Kaidan
Oiwa est l'esprit le plus célèbre du théâtre de fantômes japonais, fixé par le dramaturge Tsuruya Nanboku IV dans l'œuvre kabuki Tōkaidō Yotsuya Kaidan, créée à Edo en 1825. Dans le récit, Oiwa est mariée à Tamiya Iemon, un samouraï sans seigneur, appauvri et sans scrupules. Iemon ambitionne d'épouser Oume, la petite-fille d'un voisin riche, la famille Itō, et pour se débarrasser de son épouse le poison entre en jeu. Les Itō envoient à Oiwa une crème faciale qui se présente comme un médicament reconstituant mais qui en réalité est un poison défigurant. Oiwa, faible après avoir accouché, l'applique confiante. Son visage se déforme sans remède: la paupière gauche tombe enflée sur la joue, la peau s'ulcère et, quand elle se peigne, ses cheveux se détachent par mèches sanglantes. En découvrant son visage dans le miroir elle comprend d'un coup la trahison. Elle meurt dans l'agonie, certaines versions par le poison lui-même, d'autres en se tranchant le cou avec une épée dans son désespoir, lançant avec son dernier souffle une malédiction contre Iemon.
La forme vengeresse et la vengeance sur Iemon
Convertie en onryō, Oiwa conserve pour toujours le visage que le poison lui a laissé: l'œil gauche tombé et tuméfié, la moitié du visage déformée, la longue chevelure clairsemée pendant et le kimono blanc d'amortissement. Son image la plus célèbre est la chōchin-Oiwa, le visage qui émerge du papier d'une lanterne allumée, gravée par Hokusai et répétée dans d'innombrables estampes. Iemon, pour cacher les cadavres, cloue le corps d'Oiwa et celui du serviteur Kohei, accusé faussement d'adultère avec elle, sur les deux faces d'un volet de bois et le jette dans le canal d'Onbō. Mais l'affront ne reste pas impuni. Le visage défiguré d'Oiwa poursuit Iemon partout: il le voit sur le visage de sa nouvelle épouse Oume, qu'il décapite la même nuit de noces croyant tuer le spectre, et sur celui de son beau-père, qu'il tue aussi. L'apparition se multiplie dans les lanternes, dans la fumée, dans l'eau, jusqu'à entraîner Iemon à la folie et à la ruine, et avec lui tous ceux qui ont participé à la tromperie.
La malédiction vivante de Oiwa
Ce qui distingue Oiwa de autres fantômes de fiction est que son culte suit vivant et a adresse postale. Se la vénère au sanctuaire Oiwa Inari Tamiya, en Yotsuya (Tokio), et on lui attribue une tombe au temple Myōgyō-ji de Sugamo. De là naît la coutume mieux documentée du théâtre japonais: acteurs, directeurs et équipes de tournage qui vont à représenter le Yotsuya Kaidan visitent avant le sanctuaire pour rendre hommage à Oiwa et lui demander permission, parce qu'on croit que les productions qui ne le font pas souffrent accidents, maladies et malheurs. Au long de plus d'un siècle on a attribué à son colère lésions et même morts en montages et films, et la superstition se respecte aujourd'hui avec toute la sérieux dans le gremio. Oiwa est, avec différence, le fantôme japonais plus représenté en théâtre et cinéma, et l'archétype de la femme agraviada et défigurée qui revient de la tombe, moule du que boivent les vengeresses du terror japonais contemporain.
Aussi connu comme
Reliques
🏺 Lanterne en papier
Symbolique
Element
Vengeance
Nombre
1
Couleur
Blanc
Animaux
Yūrei déformé
Sigils:
🏷️ Traits
Pouvoirs
Faiblesses
Comportement
Resistances
🗺️Dans l’Atlas
Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.
📜 Mythologies
Le folklore japonais englobe traditions orales, mythes, légendes et créatures surnaturelles comme yōkai et kami, compilés dans des textes illustrés de l'époque Edo par Toriyama Sekien dans des œuvres comme Gazu Hyakki Yagyō et Konjaku Hyakki Shūi, reflétant les croyances animistes shintoïstes, les peurs écologiques face aux inondations et sécheresses, et le respect de la nature dans les rivières, lacs et rizières des régions comme Shiga, Osaka et Kyoto.
Sources
Yotsuya Kaidan par Tsuruya Nanboku
Tsuruya Nanboku IV · 1825
Tōkaidō Yotsuya Kaidan, pièce de théâtre kabuki de Tsuruya Nanboku IV créée en 1825 à Edo. Elle met en scène la vengeance du spectre d'Oiwa, défigurée et tuée par son mari Iemon, fixant l'image classique de l'onryō japonais et de son visage ravagé.
Hyaku Monogatari (Cent contes de fantômes) de Hokusai
Katsushika Hokusai · 1831
Trente-six nouvelles formes de fantômes, de Yoshitoshi
Tsukioka Yoshitoshi · 1889
Questions fréquentes
Pourquoi le visage d'Oiwa se défigure-t-il ?
Par un poison déguisé en crème médicinale que les Itō lui font parvenir pour qu'Iemon reste libre et puisse épouser la petite-fille de cette famille. Le tósigo lui enfonce l'œil gauche et lui fait tomber les cheveux par mèches, et ce visage déformé est celui qu'il conserve déjà comme esprit.
Qu'est-ce que la chōchin-Oiwa des estampes?
C'est son apparition la plus iconique: le visage déformé d'Oiwa émergeant du papier d'une lanterne allumée. Hokusai l'a gravée ainsi et depuis lors la lanterne est son emblème, au point que cette image suffit à évoquer toute l'histoire.
Pourquoi les acteurs visitent-ils leur tombe avant de la représenter?
Parce qu'existe la croyance, encore vivante dans la guilde, que monter le Yotsuya Kaidan sans demander la permission à Oiwa entraîne des accidents et des malheurs. Les équipes de théâtre et de cinéma se rendent au sanctuaire Oiwa Inari Tamiya de Yotsuya pour lui rendre respect avant de l'incarner.
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