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Okiku

Okiku, la voix qui compte les assiettes dans le puits

Édité parCréé le

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Asie
JaponJapon(Japon)
JaponChâteau de Himeji(Japon)
👻
Rang
Onryō vengeurNiv. 72
👹
Hiérarchie
Hiérarchie Yōkai JaponaiseNiv. 85

Il y a deux maisons aux assiettes, pas une

"

La légende d'Okiku n'en est pas une mais deux, et les raconter comme si elles n'en faisaient qu'une est l'erreur la plus répandue à son sujet. Toutes deux s'appellent Sarayashiki, « la maison aux assiettes », et toutes deux s'achèvent sur une femme au fond d'un puits qui compte de la vaisselle ; pour presque tout le reste, elles diffèrent.

La version de Banshū (Banshū est l'ancien nom de la province de Harima, où se dresse Himeji) la situe dans ce château, et là Okiku n'est pas une servante ordinaire : c'est une espionne. Le vassal fidèle Kinugasa Motonobu découvre qu'Aoyama Tetsuzan complote pour s'emparer du fief et la place dans la maison du conspirateur pour le surveiller. Lorsque le complot tourne mal, un homme d'Aoyama l'accuse faussement d'avoir perdu l'une des dix assiettes que la maison conserve comme trésor héréditaire, la torture à mort et jette le corps dans un vieux puits. C'est cette version qui gagna la scène la première : un jōruri de marionnettes créé en 1741 au théâtre Toyotake d'Osaka, situé à l'époque de Muromachi.

La version de Banchō déplace la maison dans un quartier d'Edo et remplace le méchant par Aoyama Harima. C'est elle qui a donné son nom à la pièce la plus connue, et cette pièce est bien plus tardive qu'on ne le suppose presque toujours.

Ce que cette fiche raconte, et ce que soutient le puits que l'on montre encore, c'est la version de Himeji.

Compter jusqu'à neuf et n'atteindre jamais dix

Ce que l'on entend près du puits est un décompte. Une voix de femme dit un, deux, trois, et poursuit jusqu'à neuf ; puis elle se brise en une plainte et recommence. Elle n'atteint jamais dix, car la dixième assiette est celle qui manque et celle qui l'a tuée.

Le détail importe plus qu'il n'y paraît, car il définit quelle sorte de fantôme elle est. La malédiction d'Okiku n'est pas une attaque : c'est une répétition. Elle ne poursuit personne, ne défigure personne, n'entraîne pas son meurtrier dans la folie comme le fait Oiwa dans le Yotsuya Kaidan. Elle se borne à compter, et qui l'entend tombe malade, perd la raison ou meurt du seul fait de l'avoir écoutée. C'est l'un des rares spectres japonais dont tout le pouvoir tient dans un son.

Et c'est précisément pour cela que la tradition lui accorde une issue que presque aucun autre onryō ne possède. Dans plusieurs versions, quelqu'un (un voisin courageux, un moine) attend à la margelle que la voix parvienne à neuf et crie « dix ! » dans le silence qui suit. Le compte est complet, l'offense close, et Okiku ne reparaît plus. C'est une délivrance par l'arithmétique : point n'est besoin de l'exorciser ni de la vaincre, il faut lui finir sa phrase.

Le puits, l'insecte et la pièce qui a tout retourné

Le puits existe. Il s'appelle Okiku-ido, il se trouve dans l'enceinte du château de Himeji et on le montre aux visiteurs ; à côté se dresse un petit sanctuaire qui lui est dédié. Qu'un fantôme ait une adresse ne lui est pas propre (Oiwa en a une aussi, à Tokyo) mais c'est assez rare pour expliquer jusqu'où cette légende est allée : il y a un lieu où se rendre.

Himeji lui attribue en outre un insecte. Une certaine chrysalide que l'on trouve dans la région a une forme qui rappelle une femme aux bras liés, et la tradition locale l'appelle okiku-mushi, « la bestiole d'Okiku », expliquant que c'est elle, revenue chaque année sous cette figure. C'est un cas net de légende collée à une observation réelle de la nature : le nom n'explique pas l'insecte, l'insecte soutient le nom.

Reste le plus déconcertant, que presque personne ne sait. La pièce qui a rendu Okiku universelle n'est ni ancienne ni une histoire de fantômes. Banchō Sarayashiki, d'Okamoto Kidō, fut créée au théâtre Hongō-za de Tokyo en février 1916. Okiku n'y est pas une innocente accusée à tort : elle brise l'assiette exprès, pour savoir si Aoyama Harima l'aime vraiment ou se contente de la supporter, et il la tue en se sentant mis à l'épreuve. Nul spectre, nul décompte au puits, nulle vengeance. La version la plus jouée depuis un siècle est, au fond, la négation de la légende qui la précède.

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Aussi connu comme

"Okiku"

Reliques

Symbolique

🔥

Element

Eau

🔢

Nombre

9

🎨

Couleur

Blanc

🦁

Animaux

Renard

Sigils:

PuitsDix assiettesKimono blancL'insecte d'Okiku

Traits

Pouvoirs

💔

Faiblesses

🧠

Comportement

🛡️

Resistances

Dans l’Atlas

Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.

Mythologies

📍 Japon
📅 Période Edo (1603-1868) et traditions postérieures

Le folklore japonais englobe traditions orales, mythes, légendes et créatures surnaturelles comme yōkai et kami, compilés dans des textes illustrés de l'époque Edo par Toriyama Sekien dans des œuvres comme Gazu Hyakki Yagyō et Konjaku Hyakki Shūi, reflétant les croyances animistes shintoïstes, les peurs écologiques face aux inondations et sécheresses, et le respect de la nature dans les rivières, lacs et rizières des régions comme Shiga, Osaka et Kyoto.

Sources

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Contes de Banchō Sarayashiki

Anonyme · 1741 (jōruri), sur une tradition antérieure

Banchō Sarayashiki (« Le Manoir aux assiettes »), célèbre histoire de fantômes japonaise (kaidan) de l'époque d'Edo. Elle relate l'esprit vengeur (yūrei) de la servante Okiku, jetée dans un puits, qui compte des assiettes chaque nuit et terrifie son meurtrier.

🎬

Hyaku Monogatari (Cent contes de fantômes) de Hokusai

Katsushika Hokusai · 1831

Série d'estampes ukiyo-e de Hokusai inspirée du jeu des cent contes de fantômes (hyakumonogatari) de l'horreur japonaise.

🎬

Trente-six nouvelles formes de fantômes, de Yoshitoshi

Tsukioka Yoshitoshi · 1889

Série d'estampes ukiyo-e de Tsukioka Yoshitoshi (1889-1892), « Nouvelles formes de trente-six fantômes », sur les spectres et les légendes.

📚

Banchō Sarayashiki

Okamoto Kidō · 1916

Pièce de kabuki créée au théâtre Hongō-za de Tokyo en février 1916. Elle réécrit la légende de la maison aux assiettes en tragédie amoureuse : Okiku brise l'assiette délibérément pour éprouver l'amour d'Aoyama Harima, et il n'y a ni fantôme ni vengeance. C'est la version la plus jouée du XXe siècle et celle qui contredit la légende qui la précède.

Questions fréquentes

Pourquoi compte-t-elle jusqu'à neuf sans jamais atteindre dix ?

Parce que la dixième assiette est celle qui manque. La maison conservait dix pièces héritées et Okiku fut accusée d'en avoir perdu une ; l'assiette qui ne reparaît pas est à la fois la cause de sa mort et ce qui l'empêche de clore le compte. Son apparition consiste tout entière en cela : une voix qui atteint neuf, se brise et recommence.

Peut-on délivrer Okiku ?

Oui, et sans exorcisme. Dans plusieurs versions, quelqu'un attend près du puits que la voix atteigne neuf et crie « dix » dans le silence qui suit : le compte est complet et Okiku ne reparaît plus. Elle est l'un des rares onryō à disposer d'une telle issue, et il en dit long qu'on ne la vainque ni ne la chasse, mais qu'on lui achève sa phrase.

Laquelle des deux versions de la légende est celle du château de Himeji ?

Celle de Banshū, Banshū étant l'ancien nom de la province où se trouve Himeji. Okiku y est une espionne infiltrée par le vassal Kinugasa Motonobu pour surveiller Aoyama Tetsuzan, qui complote contre le fief, et elle meurt accusée à tort d'avoir perdu l'une des dix assiettes. L'autre version, celle de Banchō, déplace la maison à Edo et remplace le méchant par Aoyama Harima.

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Bestiarypedia. (2026, August 30). Okiku. Bestiarypedia. https://bestiarypedia.com/fr/beings/okiku

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Dernière mise à jour: 30 août 2026