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Paimon

Le neuvième roi de la Goétie

Édité parCréé leMis à jour le

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EuropeEurope
👑
Rang
Roi GoétiqueNiv. 92
👿
Hiérarchie
Seigneurs DémoniaquesNiv. 90

Le neuvième roi, et à qui il obéit

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Paimon est le neuvième des soixante-douze esprits de l'Ars Goetia, le premier des cinq livres du Lemegeton ou Petite Clef de Salomon. Il faut fixer la date avant tout, car on la donne souvent mal : **le Lemegeton est une compilation du XVIIe siècle**, non un texte médiéval, et la signature de Salomon est un procédé d'autorité. La matière qu'il rassemble est antérieure, mais le livre tel qu'on le lit aujourd'hui a été mis en ordre dans l'Angleterre du XVIIe siècle.

Sa plus ancienne apparition documentée est antérieure à cela, dans la Pseudomonarchia Daemonum de Johann Weyer, publiée en 1577 en appendice à De Praestigiis Daemonum. Il y est l'esprit 22, et la phrase qui le définit est déjà écrite : il obéit à Lucifer plus que les autres rois. L'Ars Goetia la reprend presque telle quelle, l'appelant « un grand roi, et très obéissant à Lucifer ».

Cette donnée commande toute sa fiche, car c'est la seule subordination que les textes lui attribuent. Il n'y a ni pactes ni traités entre égaux : il y a une obéissance déclarée, et au-dessus deux cents légions à ses ordres.

Du nom, on répète une étymologie traditionnelle qui le fait dériver de l'hébreu pa'amon, « clochette », ce qui s'accorderait bien au cortège bruyant qui le précède. Il vaut mieux la prendre pour ce qu'elle est, une proposition ancienne et non vérifiée, et non pour une donnée ferme. L'idée qu'il fut un ange déchu ayant gardé son rang royal après la révolte n'est pas dans la Goétie : c'est le cadre général de la démonologie chrétienne, appliqué ensuite aux soixante-douze.

Le dromadaire, la couronne et la voix qu'il faut lui corriger

L'Ars Goetia le décrit avec précision et sans ornement : il paraît en forme d'homme, assis sur un dromadaire, une couronne très glorieuse sur la tête. Devant lui va une troupe d'esprits en forme d'hommes portant trompettes, cymbales bien sonnantes et toutes sortes d'instruments de musique. C'est une entrée, non une apparition : on l'entend avant de le voir.

Le texte n'explique pas pourquoi un dromadaire, et mieux vaut ne pas combler le vide. On avait écrit ici, et c'était une invention, que le chameau symbolise « l'endurance dans les déserts spirituels » ; il n'y a rien de tel dans la source. Les grimoires décrivent, et le goût de gloser chaque détail d'une signification est une habitude bien postérieure, de la magie cérémonielle du XIXe siècle et au-delà.

Il y a en revanche un détail qui, lui, est dans le texte et qu'on ne raconte presque jamais, quoiqu'il soit le plus humain de toute la notice : **il parle d'une voix rauque et confuse**, et l'officiant doit lui ordonner de parler clairement, d'une voix intelligible, pour pouvoir le comprendre. La scène n'est pas celle d'un pouvoir qui s'impose, mais d'un entretien où il faut demander à l'interlocuteur de s'expliquer.

D'où l'insistance de l'Ars Goetia sur le protocole. Si on l'appelle seul, dit-il, il faut lui faire une offrande. Ce n'est pas un caprice de l'étiquette infernale : c'est la condition pour qu'il se présente aux conditions convenues, et pour que répondent aussi les deux rois qui l'accompagnent.

Bebal et Abalam, non Bélial et Asmodée

On disait ici que Paimon entretient des alliances hiérarchiques « avec des rois comme Bélial et Asmodée ». **Ce n'est pas ce que dit la source, et l'erreur a une correction exacte.** L'Ars Goetia affirme que, si on l'appelle seul et qu'on lui fait l'offrande due, l'accompagnent deux rois nommés **Bebal et Abalam**, avec vingt-cinq légions. Ce sont là les deux noms du texte. Bélial et Asmodée sont d'autres esprits du même catalogue, le 68e et le 32e, et aucune source ne les lie à lui.

Ses attributions sont bien établies et parmi les plus larges de la Goétie. Il enseigne tous les arts et toutes les sciences, et d'autres choses secrètes ; il accorde des dignités et les confirme ; il donne de bons familiers obéissants ; et il soumet la volonté d'un homme à celle du mage qui l'invoque. Ce dernier pouvoir, que la fiche ne relevait pas, est des plus inquiétants du livre et explique une bonne part de sa renommée.

Il y a en outre deux questions auxquelles le texte dit qu'il peut répondre, et elles valent mieux que toute liste de pouvoirs car elles montrent ce qu'on demandait vraiment à un démon au XVIIe siècle : **il peut dire ce qu'est la Terre et ce qui la soutient sur les eaux, et ce qu'est l'esprit et où il est**. Cosmologie et conscience. Ni or, ni vengeance : les deux choses que nul ne savait.

Sa relation réelle, la seule déclarée, demeure l'obéissance à Lucifer. Tout le reste qu'on raconte de lui (pactes, cours, traités entre rois infernaux) appartient à la littérature démonologique postérieure, qui organisa l'enfer en monarchie européenne parce que c'était le seul modèle de pouvoir dont elle disposait.

Le Paimon du cinéma, et pourquoi il n'est pas celui-ci

Pour bien des gens, le nom n'arrive pas par le grimoire mais par Hérédité, le film de 2018 où une secte travaille des générations durant à donner à un roi nommé Paimon un corps masculin où loger. Il vaut mieux dire clairement ce qu'il y a de la Goétie là-dedans : le nom, le titre de roi et les huit légions que le film mentionne en passant. Le reste est scénario.

La différence n'est pas de nuance. Le Paimon de l'Ars Goetia ne cherche pas à s'incarner et n'a besoin d'aucun hôte ; on l'appelle, il vient, il répond et il s'en va quand on le congédie. Il n'exige ni lignage, ni descendance, ni sacrifices familiaux. Il enseigne arts et sciences, accorde des charges et donne des esprits familiers, ce qu'un lecteur du XVIIe siècle attendait de lui : une carrière, une éducation et un serviteur invisible.

Cette distance entre le démon du texte et le démon du cinéma est la règle, non l'exception, et elle se répète avec presque tous les noms de la Goétie. Le grimoire les présente comme des fonctionnaires d'une administration : chacun avec son rang, son nombre de légions et sa spécialité, beaucoup courtois, plusieurs explicitement obéissants. L'horreur contemporaine a besoin d'autre chose, elle garde donc le nom et réécrit le reste.

Le savoir n'ôte rien à aucune des deux versions. Cela sert à ne pas attribuer à un livre de 1641 ce qui fut écrit pour une salle de cinéma, ce qui est exactement le travail d'une encyclopédie.

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Aussi connu comme

"Paimonia"

Reliques

Symbolique

🔥

Element

Feu Infernal

🔢

Nombre

9

🎨

Couleur

Vert Émeraude

🦁

Animaux

Chameau

Sigils:

Trompettes et cymbalesBebal et Abalam

Traits

Pouvoirs

💔

Faiblesses

🧠

Comportement

🛡️

Resistances

Relations avec d'autres etres

Dans l’Atlas

Voyage à travers le monde d’origine des êtres et le cosmos de leurs dimensions.

Mythologies

📅 c. 2000 av. J.-C. jusqu'à présent

Les religions abrahamiques comprennent le judaïsme, le christianisme et l’islam, trois traditions monothéistes qui partagent une origine commune dans la figure d’Abraham, considéré comme patriarche dans les trois. Nées au Proche-Orient ancien, le judaïsme s’est développé chez les Hébreux durant le deuxième millénaire av. J.-C., le christianisme est apparu au Ier siècle apr. J.-C. dans le contexte du judaïsme du Second Temple et l’islam est apparu au VIIe siècle dans la péninsule arabique. Chacune repose sur des révélations divines transmises par des prophètes et des écritures sacrées, comme la Torah, la Bible et le Coran, et soutient la croyance en un unique Dieu créateur et juge.

Sources

📚

Pseudomonarchia Daemonum

Jean Wier · 1577

Catalogue de soixante-neuf démons inclus par Johann Weyer dans son ouvrage « De praestigiis daemonum » (1577). Il décrit la hiérarchie infernale, ses rangs et fonctions, et précède directement l'Ars Goetia et la démonologie occidentale ultérieure.

📚

Dictionnaire Infernal

Collin de Plancy · 1818

Dictionnaire démonologique de Collin de Plancy (1818), célèbre pour les illustrations de Louis Le Breton de son édition de 1863. Il répertorie démons, superstitions et êtres infernaux, et a popularisé l'image visuelle de nombreuses entités de la goétie.

📚

Ars Goetia

Anonyme · 1650

Première section du Lemegeton ou Petite Clé de Salomon énumérant soixante-douze démons.

📚

La Découverte de la sorcellerie (Scot)

Reginald Scot · 1584

Première traduction anglaise de la liste d'esprits de Weyer, dans un livre écrit pour démontrer que les sorcières n'existaient pas et que les accusées étaient des victimes. Jacques Ier le fit brûler.

Questions fréquentes

À qui Paimon obéit-il ?

À Lucifer, et c'est la seule subordination que les textes lui attribuent. Weyer l'écrit déjà en 1577 en disant qu'il obéit à Lucifer plus que les autres rois, et l'Ars Goetia le répète : « un grand roi, et très obéissant à Lucifer ». Tout le reste qu'on raconte de ses pactes et alliances avec d'autres démons est littérature postérieure, non source.

Quels deux rois accompagnent Paimon ?

Bebal et Abalam, avec vingt-cinq légions, et seulement si on l'appelle seul et qu'on lui fait l'offrande due. Ce sont les deux noms que donne l'Ars Goetia. On disait ici auparavant qu'il s'alliait à Bélial et Asmodée, et aucune source ne le dit : ce sont deux autres esprits du même catalogue, le 68e et le 32e, sans relation documentée avec lui.

Que demandait-on réellement à Paimon ?

Des choses très concrètes et très de son siècle : qu'il enseigne tous les arts et toutes les sciences, qu'il accorde charges et dignités et les confirme, et qu'il donne des esprits familiers obéissants. C'est-à-dire une éducation, une carrière et un serviteur invisible. Le texte ajoute deux questions auxquelles il peut répondre et qui en disent long sur l'époque : ce qu'est la Terre et ce qui la soutient sur les eaux, et ce qu'est l'esprit et où il est.

Le Paimon d'Hérédité est-il celui de la Goétie ?

Ils partagent le nom et le titre de roi, guère plus. Le Paimon de l'Ars Goetia ne cherche pas l'incarnation et n'a pas besoin d'hôte : on l'appelle, il vient, il répond et s'en va quand on le congédie, et ce qu'il offre est enseignement, charges et esprits familiers. La secte, le lignage et le corps masculin sont l'invention du scénario de 2018. C'est la distance habituelle entre les démons du grimoire, presque des fonctionnaires avec rang et spécialité, et ceux du cinéma d'horreur.

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Dernière mise à jour: 16 août 2026